M. Buck
Ma deux Billes
Le jour où elle a oublié
Où elle m’avait rangé….
Ce matin, c’était lundi ; et comme tous les lundis, nous allons faire quelques petites courses, elle et moi..
Nous sommes donc partis, tous deux, elle armée de sa besace et moi de ma laisse.
C’était très sympathique : il y avait longtemps que nous ne marchions plus de concert comme ce matin…..
En effet, samedi, elle traînait son pied droit sous prétexte qu’elle s’était cassé un orteil… j’ai dû la traîner sur le raidillon qui mène à nos appartements… Elle m’a complètement lessivé, dans le cadre de cet exercice.
En revanche, je dois reconnaître que dimanche, c’est moi qui ai présenté certains signes de faiblesse : j’ai boîté comme un fou tout au long de notre menade : c’est rien, juste mon arthrite, mais bon, ça fait mal à mon égo, d’autant que cette fois, c’est elle qui m’a traîné le long du raidillon qui mène ….. où vous savez, je l’ai dit plus haut.
Enfin, bref, c’est ça la vie de couple…..
Donc, ce matin, nous avons allègrement cheminé jusqu’à notre magasin préféré.
Normalement, elle m’attache dehors, près du trottoir. Mais il se trouve que l’endroit en question était occupé par des fleurs….
Comme je suis bien plus viril qu’une petite fleur, elle a finalement choisi de m’attacher près des caddies, à l’intérieur.
Je ne ressemble pas non plus vraiment à un caddie mais j’ai ravalé ma fierté et ai accepté de l’attendre dans cet entourage plus que douteux.
Tout en l’observant, de loin.
En fait, de là où j’étais –soit, vautré parmi les caddies – j’ai subitement vu un bipède plutôt de grande taille s’approcher de ma Deux-Billes et : lui faire une bise !!!!
J’ai sourdement grondé. Mais les caddies n’ont pas réagi. ; bande de lâches, leur ais-je lancé dans un aboiement étranglé…..
Après, je les ai vus disparaître, tous les deux.. Mon cœur battait la chamade, tandis que mes voluptueuses papattes se crispaient sur le sol.
Alors, je me suis mis à fixer les caisses, ces endroit où les bipèdes passent, l’un après l’autre, comme d’imbéciles moutons, en montrant qui une carte, qui des billets colorés à l’objet assis en face d’eux, derrière le bar….
Parce que je sais que la Deux-Billes finit toujours par réapparaître à cet endroit, pour enfin revenir me rechercher.
J’ai d’abord reconnu le fautif : le grand homme qui s’était permis de faire la bise à ma Deux-Billes. Absolument sans complexes, il est sorti du magasin, avec son petit sac, manifestement l’âme tranquille.
J’ai enfin aperçu la Deux-Billes. Comme les autres, elle a montré une carte et quelques billets. Puis elle est sortie, en direction des fleurs, à l’extérieur.
J’ai paniqué.
Je l’ai bien vue, en train de farfouiller dans les fleurs, tandis que j’ameutais l’ensemble du personnel de NOTRE magasin pour leur faire comprendre QU’ELLE M’AVAIT OUBLIE PARMIS LES CADDIES !!!!!
Elle m’a entendu.
S’est approchée de moi tout en s’excusant.
J’ai remonté mes babines, histoire de ne pas montrer ma panique aux témoins de ce fâcheux incident.
Nous sommes rentrés chez nous – je suis parti en droite ligne – et ne me suis intéressé à aucun arbre ni buisson.
Elle culpabilisait et j’en étais très heureux.
Si cette nuit elle fait encore des cauchemarsds, eh bien elle pourra toujours courir.
JE N’IRAI PAS LA RECONFORTER…Voilà….
Mince : il faut qu’elle apprenne à vivre !!!
Loulou-Li-Buck
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Dans l'écriture, la main parle; et dans la lecture, les yeux entendent les paroles.