voila je vous mets un copier coller avec l autorisation de breizh-shiba(visible egalement sur sa page facebook un shiba inu en bretagne) d un article absolument genial sur le theme de la punition
perso j adhere totalement a cette approche ,si seulement cela pouvait etre diffuser a un maximum de maitre cela permettrait de sortir des vieux clivages
""Punir ou ne pas punir ? Encore cette question !
Par Jean Lessard en collaboration avec Sophie Picard, traductrice
Voir aussi le blogue :
www.leducateurcanin.wordpress.comDepuis quelque temps, plusieurs clients me demandent s’il ne serait pas plus simple de punir certains comportements jugés indésirables …
Avec tout ce qu’il se fait dire à gauche et à droite, avec ce qu’il voit à la télévision et dans certaines écoles de dressage, le propriétaire de chien « moyen » nage, plus souvent qu’autrement, en pleine confusion.
Les approches ayant recours à la punition sont aujourd’hui considérées comme dangereuses et dépassées : la confrontation, l’immersion, l’inhibition, etc.
Il n’est pas dit que les punitions ne fonctionnent pas; elles peuvent être efficaces. Mais il faut voir les traces qu’elles laissent et comment elles peuvent modifier la relation à notre animal d’une manière qui n’est pas toujours souhaitée, en stimulant la peur, par exemple.
Mais ça fonctionne ! Bien sûr : la peur est un stimulus aversif puissant.
Nous le savons tous pour avoir expérimenté nous-mêmes, étant enfants, des menaces de punition de la part de nos parents ou à l’école.
Ces techniques sont trop sévères, même abusives, dans certains cas et je ne crois pas qu’elles soient essentielles au travail de réhabilitation que requièrent certains comportements. Dans la grande majorité des cas, elles sont nuisibles. "La violence engendre la violence", dit un proverbe bien sage.
Il va sans dire que ces approches aversives sont absolument inappropriées dans les cas d’agression et d’anxiété puisqu’elles n’agissent que sur les symptômes (ou manifestations extérieures) de ces troubles, sans aucun effet sur leurs sources (qui elles se retrouvent au niveau interne : perceptions erronées, cognitions ou modifications physiologiques, par exemple.)
Dans la dernière édition du magazine, nous avons publié un code d’éthique pour l’entraînement des animaux. J’y adhère totalement. Je l’ai même affiché dans ma salle de cours. Je vous invite à le relire et à le distribuer à vos connaissances, vos vétérinaires, aux entraîneurs que vous connaissez et même, à votre voisin un peu raide avec son chien, pourquoi pas !
Comme nul n’est prophète en son pays, voici aussi le point de vue d’entraîneurs et de comportementalistes face à la question de la punition. Ces spécialistes jouissent d’une énorme reconnaissance de leurs pairs.
Andrew Luescher, D.M.V., Vétérinaire comportementaliste
Animal Behavior Clinic
Purdue University, Indiana, É.-U.
Impliqué dans la formation continue des entraîneurs de chiens depuis plus de dix ans avec le programme How Dogs Learn de l'université de Guelph (collège de médecine vétérinaire en Ontario) il enseigne le cours DOGS! à la Purdue University.
« Dans la technique de l'immersion, l'animal est exposé à l'objet de sa peur (ou de son agression), ce qui provoque un stimulus, puis on empêche l'animal de quitter cette situation jusqu'à ce qu'il cesse de réagir.
Prenons un exemple humain : l'arachnophobie serait traitée en jetant une personne dans un placard verrouillé à clé, en y faisant pénétrer une centaine d'araignées et en gardant la porte fermée jusqu'à ce que la personne cesse de réagir. La personne pourrait être guérie de sa phobie par cette méthode mais elle serait sévèrement ébranlée et aurait vécu un stress immense.
C'est pourquoi l'immersion ou « envahissement » a toujours été considérée comme uneméthode de traitement risquée et cruelle.
La punition positive quant à elle fait appel à l'application d'un stimulus aversif ou d'une correction comme conséquence à un comportement. »
(Note de JL : on dit positive dans le sens ou quelque chose est ajouté, additionné –ici quelque chose de désagréable- en guise de conséquence à un comportement)
Il poursuit : « Plusieurs inquiétudes ont été soulevées en ce qui concerne la punition, mis à part son côté désagréable. La punition est tout à fait inappropriée pour la plupart des agressions et pour tout comportement relié à de l'anxiété. La punition peut éliminer un comportement, mais ne résout pas le problème de base, par exemple la peur ou l'anxiété. Même si la punition est bien appliquée et qu'elle semble appropriée, elle doit comprendre plusieurs critères que même la plupart des entraîneurs de chiens ne peuvent pas respecter : elle doit être appliquée chaque fois que le comportement survient, dans la demi seconde qui suit le comportement et selon l'intensité qui convient pour l'animal.
De plus, la plupart des explications théoriques fournies à propos de la cause des problèmes de comportement sont erronées. Rares sont les chiens qui ont un problème de dominance et rares sont ceux qui veulent « contrôler » leur maître.
Les troubles compulsifs, quant à eux, sont reliés à un déséquilibre au niveau des neurotransmetteurs et des récepteurs; il s'agit donc sans équivoque d'un état pathologique. Serait-il approprié de traiter les personnes souffrant d'un trouble obsessionnel compulsif par la punition ? Ou encore de demander à un non-spécialiste de traiter ces patients ?
Mes collègues et moi ainsi que plusieurs autres leaders de la communauté de l'entraînement des chiens travaillons depuis plusieurs décennies afin d'enrayer ces techniques si cruelles, inefficaces (en termes de véritable cure) et tout à fait inappropriées. »
De toutes parts, les gens travaillant sérieusement dans le domaine réagissent :
Dr Patricia McConnell détient un doctorat en Zoologie de l’Université du Wisconsin-Madison. Elle a fait sa recherche sur les comportements canins et la communication entre les entraîneurs professionnels et les animaux domestiques.
« La source de la plupart des problèmes de comportement est une mauvaise communication et non un problème de dominance. Soit les chiens ne savent pas ce que souhaitent leurs maîtres, dit le Dr McConnell, soit nous leur avons enseigné le mauvais comportement par mégarde. ».
Elle ajoute : « La plupart des problèmes de comportement peuvent êtres solutionnés en apprenant aux maîtres comment enseigner à leurs chiens ce qu’ils veulent, et ce, en utilisant la science de l’apprentissage chez les animaux. »
Janis Bradley, entraîneure de San Francisco, ajoute « que le chien se retrouve dans un état de désarroi » lorsqu’il est punit. « Les comportementalistes définissent cet état comme un stress chronique pouvant provoquer certains mécanismes de défense comme l’agression. »
Voici, d’autre part, ce que Nicholas Dodman, directeur de la clinique du comportement animal de l’école de médecine vétérinaire Cummings, à l’université Tufts, affirme : « Ces outils poussiéreux ont été mis en vogue par des entraîneurs de chiens militaires à la main dure et qui sont aujourd’hui considérés comme étant désuets puisque l’emphase est maintenant mise sur le conditionnement par récompense. Un de ces outils est la punition positive, qui consiste à poser un geste aversif, en l’occurrence, donner un coup, filer un crochet, tirer sur la laisse ou frapper à l’aide d’un bâton pour que le chien cesse un comportement… Imaginez si un nouveau Dr Phil pour enfants arrivait en nous disant que si nos enfants passent trop de temps à jouer aux jeux vidéo, il suffit de les frapper avec une grosse palette de bois. Les gens seraient indignés. »
Andrea Arden est entraîneure à Manhattan. Elle raconte cette malheureuse anecdote : « J’ai une cliente qui a reproduit plusieurs choses vues à la télé, comme, par exemple, s’approcher du chien et le pincer, l’attraper par le cou et l’immobiliser au sol. Il n’est pas surprenant ait été la cause de ses cinquante points de suture à la figure. »
Enfin, Paul Bowen, de Burbank en Californie, a publié son livre "L’homme qui parle aux chiens" en 1999. Il dit ceci : « Les gens doivent choisir de quelle façon ils entraînent leurs animaux. S’ils ressentent un malaise en immobilisant ou en étranglant ou en frappant un chien, ils ne le feront pas. »
Alors ? Que choisissez-vous ? Que pensez vous des techniques aversives ?
À vous de vous faire votre propre opinion. Il y a, encore aujourd’hui, une multitude de chiens souffrant d’embonpoint et de manque d’exercice ayant perdu contact avec leur nature propre.
Est-ce nous qui les rendons névrotiques ? Et qu’ensuite on punit ? Ces chiens qu’on dit aimer mais qu’on persiste à croire qu’il faut dominer.
Ces chiens, à qui l’on demande tant, même de nous aimer. À qui l’on demande tout, sauf être un chien…""
fin de l article