M. Buck et le Rott
On arpentait notre petite forêt, comme d’habitude.
M. Buck reniflait toutes les senteurs, tandis que je tentais de tutoyer les oiseaux.
Nous avons été déçus, tous les deux : aucune odeur inspirante pour lui et pas le moindre cri d’oiseau pour moi
Un silence total, mortel.. Même pas une mouette égarée pour venir nous remonter le moral…
On aurait dit que la planète tout entière dormait.
On a pourtant continué notre chemin. Main dans la laisse. Comme d’habitude.
C’était le 1er janvier 2008.
Il était exactement 10H00 du matin.
On a longé les bordures du lac.
Il y avait quelques canards, qui flottaient allègrement sur les vagues, accompagnés d’une famille de cygnes (le père, la mère, et les trois petits).
Nous leur avons jeté des miettes de pain, sur lesquelles ils se sont tous précipités, canards et cygnes confondus.
Les canards se sont pourtant rapidement éloignés.
Laissant les deux cygnes adultes se battre violemment: ce fut un spectacle assez extraordinaire : une envolée impressionnante d’ailes capable de vous étêter, juste pour une miette de pain.
Un couple de cygnes, qui pourtant avait charge d’âme : leurs trois petits, dont ils ont oublié l’existence, l’espace d’un instant et de quelques miettes de pain….
Nous avons poursuivi notre chemin, Buck et moi.
Et c’est là que nous l’avons vu, tous les deux : un gros rottweiler, qui s’avançait, face à nous.
Il a aperçu M. Buck et lui a foncé dessus.
Buck s’est figé sur place, tous ses muscles tendus, arborant son air « Humphrey Bogart ». (Celui qu’il prend lorsqu’il fait semblant de vouloir attaquer, alors qu’il sait parfaitement qu’il ne peut plus attaquer)
Tandis que je me suis accroupie, bien à l’abri derrière mon Buck,, mais les poings prêts…… : Je savais que vu son âge, Buck ne pourrait faire face longtemps.
En fait, il s’agissait bien d’un Rott, mais… c’était une femelle.
En chaleurs.. qui plus est.
Avec son maître, on a passé au moins une heure à les séparer….
Tout de même un peu bête, d’avoir de petites peurs, comme ça…
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Dans l'écriture, la main parle; et dans la lecture, les yeux entendent les paroles.