Vendredi, un enfant de deux ans était blessé au visage, mordu à la pommette et à la lèvre par un beauceron (notre édition de samedi). Errant, qui plus est, du côté du parc Saint-Vaast. Début d'angoisse. Sauf qu'à mesure que le week-end s'écoulait, le mensonge autour des circonstances de l'agression canine a volé en éclats.
« Attention, j'habite ici ! » Le petit message d'avertissement, sous-titrant une photo de beauceron, placardé à l'entrée de l'immeuble de la rue des Trois-Visages, aura notamment mis la puce à l'oreille des enquêteurs du commissariat. L'affaire du chien errant ayant mordu un enfant de deux ans et demi dans le parc du palais Saint-Vaast était un mensonge. Si l'enfant a bien été mordu, c'est par le chien... de la maison, un beauceron croisé avec un labrador, d'ailleurs. La morsure a eu lieu au domicile familial, et non dans le parc du palais Saint-Vaast.
Des nouvelles de l'enfant blessé, l'essentiel finalement : il présentait d'importantes plaies, de la lèvre à la pommette. Il a subi, avec succès, une intervention chirurgicale sous anesthésie générale. L'opération devrait néanmoins nécessiter de la chirurgie esthétique.
Les circonstances de la morsure, elles, sont rocambolesques. Vendredi, le père et la mère prétendent que l'agression du chien a eu lieu dans le parc Saint-Vaast. Le parquet d'Arras lance un appel à témoins, dans nos colonnes. Des patrouilles de police sillonnent le secteur, début d'enquête de voisinage, en vain. Les agents du refuge communautaire de la CUA et la SPA sont tour à tour mobilisés tout le samedi. L'un revient même de congés. Sans plus de résultat. Jusqu'à ce qu'une personne ramène l'animal, prétendant l'avoir trouvé le long de la Scarpe, attaché à une laisse...
Le chien sera euthanasié
Au gré des heures, les parents ont craqué et reconnu, le père en particulier, avoir déguisé la vérité. Pour éviter que le chien ne soit euthanasié. La morsure a en fait bel et bien eu lieu au domicile familial. Un jeu avec des bonbons entre l'enfant et le chien, qui aurait mal tourné. L'affaire a en tout cas mobilisé beaucoup de monde, ce qui a sans doute conduit le parquet à poursuivre le père, Arrageois de 36 ans, pour dénonciation de faits imaginaires, et blessure involontaire par négligence sur mineur. L'audience aura lieu le 25 mars.
Quant au chien, il est actuellement au refuge communautaire, attendant la sentence... Il devra subir trois visites sanitaires pendant deux semaines, avant d'être finalement euthanasié. Il n'était ni tatoué, ni vacciné. Trois à quatre chiens ont subi le même arrêté d'euthanasie à Arras, selon le refuge communautaire. C'est désormais la loi.
source :
La Voix du Nord