Loulou-Li-Buck
Cela fait une année et demie que je lorgne ma deux-billes au quotidien.
Je l’aime lorsqu’elle vient déposer un léger baiser parfumé de café sur mon front, même si elle est armée de bigoudis (je les oublie, ceux-là : ils sont trop moches et la défigurent…).
Je l’aime lorsqu’elle me prend avec elle pour aller faire les courses, même si parfois nous ne sommes pas d’accord sur les territoires à sniffer :
Car tandis que je tire sur la gauche pour humer une odeur, Mme s’obstine à se diriger sur la droite, précisément là où il n’y a rien a renifler. Rien compris, la Deux Billes.
Je l’aime lorsqu’elle m’attache au poteau, devant le magasin, car chaque fois, elle me donne un tendre baiser sur le front, tout en me demandant de prendre soin de son foutu parapluie – dont je n’ai rien à foutre -.
Ensuite, je passe mon temps à protéger le parapluie et à l’attendre.
Il y a plein de gens qui passent, qui entrent et sortent.
Mais moi, j’attends l’odeur de Deux-Billes.
Enfin, je l’aperçois : avec son gros sac rempli probablement de mes biscuits préférés.
Je me mets debout : je la vois, je la sens je sais que bientôt nous allons rentrer à la maison, avant de longer les quais….
Timidement, je remue la queue.
Elle vient vers moi, m’embrasse et nous sortirons, tous les deux, main dans la laisse.
Loulou-Li-Buck
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Dans l'écriture, la main parle; et dans la lecture, les yeux entendent les paroles.