Cela se passe en Alsace.
La présidente de la SPA de Haguenau est sommée par les gendarmes d'euthanasie une douzaine de chiens, placés en famille ou accueillis au refuge et classés "dangereux". Une mesure qu'elle refuse de prendre.
C'est une affaire qui pourrait faire du bruit dans les nombreux refuges SPA de France. Sabine F, présidente de la SPA de Haguenau, s'est vu notifier vendredi dernier , à la gendarmerie de Bischwiller, l’obligation d’euthanasier cinq à six chiens de son refuge et six chiens déjà placés chez des particuliers.
Le 15 février dernier, elle avait été convoquée une première fois à la gendarmerie suite à l’audition du propriétaire d’un chien classé « dangereux », qui avait indiqué avoir adopté l’animal à la SPA de Haguenau. « J’ai confirmé cela aux gendarmes, explique Sabine F. Ils m’ont alors expliqué que sur notre site Internet, d’autres chiens de ce type étaient proposés à l’adoption, et que c’est interdit »
Classés en catégorie 1 et non-répertiorés dans le « livre des origines français », ces animaux tombent sous le coup de la loi du 6 janvier 1999 qui interdit «la cessation, l’acquisition et l’importation »
« Nous sommes remis en cause dans notre travail »
Sabine F. se refuse aujourd’hui à les euthanasier. Selon elle, les chiens visés sont dociles, inoffensifs sans troubles de comportement. « Ces chiens existent, ils sont vivants, il faut s’en occuper, estime-t-elle. La SPA n’est pas là pour prendre en charge des animaux dont la mise à mort à mort a été décidée sur des critères morphologiques ou administratifs ».
« Nous sommes remis en cause dans notre travail, dans notre éthique, poursuit Sabine F. A la SPA, nous ne faisons pas de profit. Quand nous plaçons des animaux, ils sont vus par des vétérinaires et des comportementalistes. Si un chien est potentiellement dangereux, nous prenons la responsabilité de l’euthanasie. »
Ce qui est arrivé six fois, selon la présidente, en 2007.
Dans cette affaire, Sabine F. refuse en outre de passer pour une « martyre »
De la cause animale. « Je ne suis pas une extrémiste, dit-elle. J’essaie d’être professionnelle. Je ne réfute d’ailleurs pas toute la loi, notamment l’obligation de formation des maîtres. C’est une chose pour laquelle je me suis battue. »
Mais s’attaquer à ces chiens-là n’est pour elle pas la bonne solution. « Le vrai problème, se sont les trafiquants, les pseudo éleveurs. Ce n’est pas en définissant la dangerosité par des critères morphologiques qu’on le résoudra . C’est avant tout une question d’éducation. »
La gendarmerie et le parquet de Strasbourg, hier, se refusaient à tout commentaire. Sabine F. qui a sollicité l’avocate Marie-Rose G. et l’aide de la confédération des SPA de France, a un mois pour appliquer l’injonction. Sans cela, elle risque six mois de prison et 15000 euros d’amende.
Article parut dans les DNA le 27/02/2008.
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