Certes, le chien peut aboyer pour s’exprimer, mais savez-vous qu’il est capable d’employer toute une palette de sens pour se faire comprendre dans un langage très affiné et très explicite. Par exemple, le langage olfactif qui est très important car c’est son premier sens, mais il y a aussi le langage des signes exprimé par le corps au gré des postures, de la façon de bouger les oreilles ou la queue pour s’adresser aux autres. Un langage bien codé important de connaître pour mieux le comprendre…
Communiquer, c’est échanger !
La base de la communication implique :
- Un émetteur qui envoie un message
- Un récepteur qui reçoit le message et réagit en conséquence.
Dès que deux individus sont en présence, quels qu’ils soient, même si l’on n’entend rien ou si l’on ne voit rien, il y a échange de messages non-verbaux, souvent même de manière inconsciente. Encore faut-il que ces signaux correspondent à certains critères pour être réceptionnés correctement par le vis-à-vis. Il doit donc d’abord être repérable, donc simple, clair et précis comme par exemple la queue qui se relève et qui sera ainsi vue de très loin. Mais ces signaux doivent aussi être sélectifs, ce qui veut dire qu’ils s’adressent bien à tel individu et non pas à un autre. En observant un chien et un chat qui s’abordent pour la première fois, la méfiance est de mise entre les deux espèces et la confrontation se fera selon leur propre langage. Le chat va lever la patte, la tête penchée sur le coté, le corps ramassé en signifiant ainsi : « Ne m’approche pas davantage sinon tu vas le regretter !». Alors que pour le chien qui n’est pas habitué au chat, cette attitude est tout à fait celle qui sert d’invitation au jeu de la part d’un congénère plus timide ou plus jeune, d’où le risque de conflit. Enfin, il est évident que le message émis doit correspondre à un état de motivation du récepteur. En somme, à chaque signal, le récepteur doit posséder tout le système des significations possibles et c’est à lui d’éliminer les messages incorrects qui ne correspondent pas au signal transmis.
L’apprentissage du langage et autres manières de se faire comprendre…
L’apprentissage a lieu surtout pendant l’enfance car c’est à ce moment que le chiot va tester les réactions de ses congénères, notamment en jouant ou il apprendra ainsi comment sont exprimés dans la gestuelle : l’invitation au jeu, la dominance et la soumission, la menace, etc…
Cette ritualisation aura une valeur de communication de plus en plus marquée avec l’âge, surtout pour les comportements sexuels et agonistiques (approche et évitement du congénère), et tout ce qui servira dans les actes indispensables à la survie de l’espèce. Au moment de l’imprégnation (autour de la 7ème semaine), le chien apprend à connaître et à interpréter le langage des espèces amies avec lesquelles il devra vivre : l’homme, le chat, le cheval, le mouton…
Les chiots ayant vécus en isolement, en ne voyant des humains que pour les repas, jusqu’à la 13ème semaine environ, seront incapables d’avoir des relations normales avec eux, et c’est ce que l’on nommera les chiens timides ou plus communément « chiens de chenil ».
Le chien est un animal grégaire, fait pour vivre dans un groupe, avec une foule d’intéractions réciproques et c’est un champion du langage non-verbal. L’homme va recevoir les informations à 83% par la vue, à 12% par l’ouie, à 3,5% par l’olfaction et à 1,5% par le toucher. Chez le chien, ces perceptions sont inversées car elles sont d’abord olfactive, puis auditives et enfin visuelles. Mais ne croyez donc pas que la vue ne lui sert pas ou peu car le chien reste un champion dans le domaine de la gestique (langage non verbal). Ces capacités sont nombreuses, complexes et très élaborées, contrairement à ce que certains maitres pensent. Si l’on prend le langage de la queue par exemple (oublions les yeux, les oreilles, les poils, les babines et toutes les autres parties du corps…), l’homme va résumer en pensant que s’il bat de la queue, c’est qu’il est content. Or, son langage est bien plus complexe que cela et il ne faut pas trop se fier à une queue qui bat pour pénétrer dans la propriété. Par la manière de la placer, le chien peut signifier à l’individu la confiance prudente, la confiance mitigée, la confiance totale, la dominance, l’observation, etc…
Le maitre utilise de manière consciente ou inconsciente le langage non verbal pour appuyer un ordre ou le renforcer. C’est ainsi que pour le rappel au pied, la main vient souvent frapper la cuisse, de même qu’elle se tend souvent lors de l’en-avant. De ce fait, le chien apprend vite dans sa vie de tous les jours ce que signifie tel ou tel geste de son maitre et il y aura donc, qu’on le veuille ou non, conditionnement. C’est ce qui fera dire à l’homme lorsqu’il verra son chien filer se cacher: « tu as vu, il a compris que nous allons partir chez le vétérinaire » alors qu’il aura tout simplement vu sa maitresse se saisir du carnet de santé…
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